Ces suppléants de ministres-candidats assurés d'être députés
Par fitz, jeudi 7 juin 2007 à 19:36 :: Politique et ethique :: rss

Ils sont suppléants de Fillon ou Bussereau, mais ce seront eux qui siègeront à l'Assemblée. Ces doublures labourent le terrain et gardent le contact avec les électeurs. Et jouissent d'un siège de député tout assuré.
Comment peut-on être suppléant d'un candidat aux élections législatives, tout en étant assuré d'être député à l'Assemblée ? Réponse : en étant suppléant d'un ministre-candidat. Les Pécresse, Fillon, Borloo ou autre Bertrand devraient, sauf coup de théâtre improbable, être élus ou réélus députés. Ne pouvant siéger à l'Assemblée en raison de leur fonction ministérielle, leur suppléant prendra leur place.
Des suppléants qui pour la plupart n'en sont pas à leur premier « remplacement ». Jean-Claude Beaulieu, suppléant de Dominique Bussereau en Charente-Maritime, en est à sa quatrième élection à ses côtés. En 2002, il avait déjà joué son rôle de doublure à la perfection, quand son « ami » était entré au gouvernement Raffarin. C'est donc lui le vrai député sortant. « Je suis son alter ego, mais sans me forcer. Nous sommes complètement interchangeables », explique Jean-Louis Beaulieu. N'est-il pas lassé de jouer les seconds rôles ? « Pas du tout », assure ce chirurgien membre de la commission de la Défense. A Bussereau les dorures des palais de la République, à lui le terrain : « J'ai fait les 167 communes de la circonscription en 5 ans. Je les refais durant la campagne ».
« Je suis l'oreille et les yeux de Fillon »
Même système pour Daniel Poulou, suppléant de Michèle-Alliot Marie, dans les Pyrénées Atlantiques. Lui se charge du contact direct avec les électeurs. « Je suis un élu local », rappelle le maire d'Urrunne, qui a lui-même laissé sa place à son premier adjoint quand déjà, en 1993, il était entré à l'Assemblée lorsque Michèle-Alliot Marie est devenue ministre des Sports. Elle utilise son poids politique. « Elle relaie tous les gros dossiers à Paris. C'est pratique d'avoir un ministre ! » reconnaît le suppléant. Et avoir un premier ministre, c'est encore mieux ? « Ça doit forcément aider », reconnaît du bout des lèvres Marc Joulaud, suppléant de François Fillon dans la Sarthe. A l'Assemblée, « je suis son oreille et ses yeux. J'occupe une position de retrait. Je suis un relais, un passeur » explique celui que les députés viennent parfois voir en espérant que leurs prières seront exaucées, si elle arrivent jusqu'aux – vraies – oreilles du premier ministre…
SOURCE : MARIANNE2007.INFO
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