Le statut de témoin assisté est un intermédiaire entre le statut de témoin simple et celui de mis en examen. Il implique l'existence d'indices rendant vraisemblable la participation à un délit, mais n'entraîne pas de jugement devant un tribunal en cas de renvoi de l'affaire.

"Témoin assisté c'est une mise en examen habillée en dimanche", a ironisé l'avocat des victimes, Me Jean-Pierre Mignard. "Rien de ce qui a été décidé ne viole la procédure, donc je ne critique pas", a ajouté l'avocat, souhaitant cependant que "dorénavant tout le monde puisse en bénéficier", y compris les jeunes de banlieue.

Selon l'avocat, la "mobilisation continue" autour de ce dossier qui a suscité d'énormes attentes à Clichy-sous-Bois. D'autant que rien dans l'enquête n'a jusqu'ici permis de démentir la version des jeunes affirmant que les policiers ne sont pas intervenus pour sauver les deux jeunes morts électrocutés, avait-il précisé fin octobre.

Au cours de l'année passée, le juge d'instruction de Bobigny, Olivier Géron, a fait procéder à l'audition des victimes et des policiers, organisé un transport sur le lieux et fait effectuer des expertises, notamment sur les bandes radio des policiers.

Le 27 octobre 2005, deux jeunes Clichois, Bouna Traoré et Zyed Benna, étaient morts dans un transformateur EDF en tentant d'échapper à la police. Un troisième, Muhittin Altun, était grièvement blessé par brûlures. Le 3 novembre, le parquet de Bobigny a ouvert une information judiciaire pour "non-assistance à personne en danger".

La mort des deux mineurs avait déclenché les premiers troubles dans les banlieues. Ou plutôt les réactions à ce double décès, car politiques et policiers avaient immédiatement affirmé que les jeunes étaient des délinquants, connus des services de police, qui avaient fui à l'approche d'une patrouille. Pendant plusieurs jours, policiers et ministère de l'Intérieur avaient contesté l'existence d'une course-poursuite qui s'est achevée aux abords du transformateur EDF.

Parallèlement à l'enquête pénale, Me Mignard a récemment saisi le tribunal administratif de Pontoise (Val-d'Oise) pour demander la condamnation de l'Etat pour une faute de service de ses agents et obtenir une indemnisation pour les familles des victimes.